Anna Coleman Ladd, la faiseuse de bonheur

Si je vous parle d’Anna Coleman Watts Ladd, à première vue, cela ne vous dira pas grand-chose. Pourtant, c’est une de ces femmes qui n’a cessé d’apporter des moments de bonheur à des hommes qui en avaient fort besoin. 

Anna est une sculptrice américaine née à Philadelphie en 1878. Elle a étudié la sculpture à Paris et à Rome. Elle deviendra la responsable de l’atelier de fabrication de masques de la Croix-Rouge de Paris pendant la Première Guerre mondiale. 

Celle-ci faisait des miracles en créant des masques sur mesure pour ceux que l’on appelait, à l’époque, « les gueules cassées », des hommes dont le visage était en partie détruit par des éclats d’obus, des balles ou des tirs de lance-flammes. 

Elle s’inspira du magasin de nez en étain « LE TIN NOSES SHOP », situé à Londres. Celui-ci fabriquait des masques pour les soldats britanniques mutilés.  

Elle décida alors d’ouvrir son propre atelier à Paris, afin de confectionner des masques pour les soldats mutilés. Son seul et unique but : rendre la vie des « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale plus supportable.  Tout d’abord, elle créait un moule en plâtre du visage de son sujet, en remplissant les parties manquantes. Puis, elle galvanisait le résultat dans le cuivre.

Après de longs essais, manipulations, transformations et raccords, celle-ci positionnait le masque sur le visage de son sujet pour le peindre de la même teinte que sa couleur de peau. Un travail d’orfèvre, bien loin de ses précédentes missions de sculptrice. Mais, c’est ainsi qu’elle se sentait à sa place, ancrée et heureuse. 

Elle travaillait d’arrache-pied pour que le masque corresponde le plus possible aux traits de ces poilus. Elle s’inspirait d’anciennes photographies d’eux, prises bien avant qu’ils ne soient mutilés. La plasticienne poussait même le détail jusqu’à recréer leur moustache. 

Plus qu’un nouveau visage, l’artiste essayait de leur rendre leur dignité, qui avait parfois disparu dans les horreurs de la guerre. Elle choisissait l’expression qui convenait le mieux aux hommes qu’elle « soignait », car ils l’arborerons jusqu’à la fin de leur vie.

 Aidée de ses quatre assistants, Anna Coleman Ladd aura réussi à créer près de deux cents masques.  

Elle fut récompensée pour son travail en recevant la Légion d’honneur avec Croix du Chevalier et l’ordre serbe de Saint Sava, une décoration serbe pour les sciences et les arts. 

Une vraie héroïne pour beaucoup !

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